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 Autisme et douleur

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gynnie2003
Admin
gynnie2003

Nombre de messages : 888
Date d'inscription : 19/12/2005

MessageSujet: Autisme et douleur   Jeu 12 Jan - 19:55

Mme Gauvain-Piquard.
Les autistes ont une réputation d'insensibilité à la douleur. Il y a
actuellement une étude multicentrique sous l'égide de L'INSERM qui est en cours, et qui
cherche à explorer ce pénomène: d'ici quelques mois, on aura un debut de résultat. La
question principale est qu'il y a des situations ou des enfants autistes qui auraient dû avoir
mal dans des circonstances précises n'ont pas évité ces situations douloureuses et n'ont
pas montré de signe apparent de douleur.
Ce matin, nous parlions d'un enfant qui, rampant par terre et s'asseyant dans la braise, n'a
pas bougé et s'est donc sévèrement brûlé. De même, certains grands brûlés, quand ils
arrivent à l'ôpital, ne montrent pas de signes de douleur. Peut-être en partie, parce qu'ils
sont sous l'effet du stress antalgique et du coup on dit: la brûlure profonde ne fait pas mal
et c'est resté un dogme. Voilà comment on peut fonctionner: on choisit un cas très précis,
par exemple un autiste qui s'assoit dans la braise, pour conclure qu'il n a pas mal. Mais on
ne s'interroge pas de savoir si cela est ou non un cas très particulier.
Pour étudier le problème prenons l'exemple d'un enfant autiste qui vient de se pincer le
doigt dans une porte, et qui n'aurait pas de signe apparent de douleur, il faut d'abord si
l'on peut, lui prendre le pouls pour voir s'il n'aurait pas une tachycardie. Il peut ne pas
avoir de signe apparent, mais pourtant des signes du stress. Il est intéressant de savoir ce
qu'il fait de sa main quelques minutes plus tard: évite-t-il de se servir de sa main ou a-t-il
des attitudes de protection ? Ce sont des confirmations indirectes qu'il y a bien quelque
chose qui s'est passé. Il est important, je crois, de noter dans le dossier la réaction de
l'enfant à l'occasion d'une blessure, d'une vaccination, d'un ennui de peau, d'un trouble
digestif pour avoir le plus possible de descriptions de la possibilité de la sensibilité à la
douleur de cet enfant.
Ce que je pense probable chez les enfants autistes, c'est un pénomène de patchwork, peutêtre
y a-t-il des zones insensibles et d'autres hypersensibles. Il n'y a pas de neuropathie
péripérique chez les enfants autistes, donc on serait devant une anomalie de central de la
douleur.
On peut très bien imaginer que s'il y a anestésie d'une zone du corps, cela ne touche pas
l'ensemble du corps. Je parle de patchwork parce que pour les enfants polyhandicapés, on
découvre beaucoup en consultation ce type de patchwork comme si au niveau
cénestésique, le corps avait dessiné une espèce de carte géographique des sensations.
Il y a deux autres éléments qu'on peut aborder chez l'enfant autiste. Le premier problème,
ce sont les mutilations. Quand on veut étudier au laboratoire une douleur neuropathique,
on prend un rat, on lui ligature le nerf sciatique et on le laisse cicatriser. Si ce rat
développe des douleurs neuropathiques, il se mord la patte. La morsure est le signe de la
douleur neuropathique.
Dans la littérature, il y a le cas d'un enfant qui a une zone eu le plexus branchial abîmé à
la naissance; à un an, cet entant se mordait le doigt juste en territoire des nerfs lésés: il se
mordait au sang. La morsure chez un être privé de langage peut traduire la douleur
neuropathique.
Nous avons eu à nous occuper de malades avec des anomalies du métabolisme urique,
qui s'automutilent, et aussi d'un enfant qui avait des lésions iscémiques du tronc cérébral
survenu pendant la période foetale et qui présentait des épisodes de mutilation des lèvres,
Ce document a été fabriqué par PDFmail (Copyright RTE Multimedia)
http://www.pdfmail.com
La douleur chez l'enfant Page 26 sur 29
C:\WEBSHARE\WWWROOT\BOURGU~2\WWWBOU~1.ORG\DOC\DOC_DO~1.HTM31/01/01
de morsures de la langue et des doigts. Cela se produisait toujours dans des grands accès
qui évoquaient à la fois la convulsion mais aurait pu aussi évoquer des douleurs
paroxystiques: comme s'il se mordait pour essayer de faire disparaître la zone qui fait
mal. Je crois que dans ce type de mutilation - ce n'est pas la même que se cogner - la
possibilité d'une douleur neuropathique doit systématiquement être envisagée et on doit
essayer le traitement.
Les autres mutilations - les coups de nez par exemple - soulèvent plusieurs hypotèses.
L'équipe du Dr Collignon à San Salvadour travaillant avec des enfants polyhandicapés
décrit chez un enfant une recrudescence de ses activités mutilatoires et découvre par la
suite une luxation de l'épaule. Il a été mis sous morphine et est revenu a son seuil habituel
d'automutilation.
Chez les enfants autistes, les mutilations apparaissent alors sous un jour nouveau. On a
par exemple découvert des douleurs dentaires chez un enfant parce qu'il frappait les
autres enfants à la bouche.
Je crois qu'il faut faire attention à l'interprétation psychologisante systématique. Il faut
toujours penser les deux niveaux a la fois: psychologique et organique
La douleur de l'enfant
Journée de formation du 25 Mai 1995 Avec Mme Gauvain-Picquard
de l'Institut gustave Roussy, Villejuif
http://www.bourguette-autisme.org/doc/document/doc_douleur.pdf
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gynnie2003
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gynnie2003

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Date d'inscription : 19/12/2005

MessageSujet: Re: Autisme et douleur   Ven 13 Jan - 14:15

Les réponses atypiques des enfants autistes aux stimuli sensoriels sont nombreuses, bien que l'étude de leurs bases neurologiques vienne à peine d'être entreprise. Dans son livre autobiographique, Temple Grandin, une autiste adulte, fournit plusieurs approches pertinentes relatives à ses expériences de perception subjective atypique. Parmi les réponses atypiques les plus importantes chez les jeunes enfants, on retrouve le trouble de réponse à un bruit fort, souvent associé à une intolérance aux bruits particuliers (par exemple le sèche-cheveux, la pluie ou les films) à en juger par leurs gestes de protection des oreilles et leurs crises de colère. La réponse anormale à la stimulation vestibulaire peut expliquer pourquoi certains enfants tournent souvent en rond. Certains comportements visuels atypiques incluent la fascination pour des stimuli de rotation, une aversion à fixer les gens dans les yeux, une tendance à regarder l'objectif visuel du coin de l'oeil et le doigt bougeant devant les yeux. La base de toutes ces anomalies n'est pas encore comprise. L'intolérance au toucher, le besoin d'être serré et la relative sensibilité à la douleur peuvent être des symptômes prédominants. Il n'est pas clair que l'automutilation (par exemple, morsure, piqûre ou action de se cogner la tête jusqu'à la douleur) puisse être considéré comme de la stéréotypie, ou attribué à un seuil de douleur supérieur à la moyenne en raison de niveaux élevés d'endorphines endogènes, ou même s'il s'agit d'un moyen d'attirer l'attention. Dans un autre ordre d'idées, plusieurs enfants du spectre autistique qui reniflent leur nourriture et n'acceptent de manger que très peu de choses peuvent avoir une forte aversion à certaines textures, au goût ou à l'odeur de certains aliments.
http://64.233.183.104/search?q=cache:2hbhevqs1hoJ:www.autisme.qc.ca/comprendre/docViewing.php%3Fsection%3Dcomprendre%26noCat%3D3%26noDoc%3D54+douleur+autiste&hl=fr
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